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Medi & The Medicine Show

 
Vendredi 11 janvier 2007, 16h, j’attends Medi de « Medi & The Medine Show » (voir artiste du mois de décembre 2007) à l’accueil de la salle de concert La Passerelle à Florange où Medi assure la première partie de « La grande Sophie » le soir. Medi arrive, on prend un café, on se met à table, j’ai apporté mes notes et mon micro mais avant de commencer l’interview, je sors mon baladeur MP3 pour lui faire écouter un morceau. Je lui donne les écouteurs et j’appuie sur play.
 
Team U2Achtung : Ca te dit quelque chose ?
 
Medi : (très ému) … Carrément, je n’ai jamais écouté le morceau depuis …Il faudra que tu me le fasses parvenir
 
Il s’agit en fait de la prestation de « Walk On » de U2 accompagné de Dave Stewart avec Morleigh, Natalie Imbruglia et Medi aux cœurs. Ce morceau fut enregistré à Londres pour l’émission « America : Tribute To Heroes » quelques jours après le 11 septembre 2001.
 
Team U2Achtung : Comment devient-on choriste au milieu de U2 ? Concours de circonstance ? Aide extérieure ?
 
Medi : On ne peut pas parler d’aide car pour moi, cela n’a jamais été une fin en soi d’être choriste de U2. Tout ça fait partie d’un espèce de … Quand tu es musicien, tu vis plein d’éléments plus ou moins importants, ce sont un peu les scènes d’un grand film, mais là il s’agissait d’une grosse scène du film. Cela remonte à l’époque ou j’habitais à Londres et que j’ai commencé à bosser avec Dave Stewart, Dave était impliqué dans « Walk On », un jour Dave m’appelle en me demandant si je pouvais être au studio d’enregistrement de « Top of the pops » dans un quart d’heure, je suis arrivé et nous avons enregistré le morceau en 2 prises, il fut diffusé 10 minutes après. C’était un des seuls groupes hors-USA de l’émission « Tribute To Heroes » Lors de mon arrivée au studio, Dave me dit de monter sur scène et là je vis The Edge et je ne comprenais pas pourquoi il était là … Je me rappelle d’une méga claque lorsque j’ai entendu le son de The Edge, je n’ai jamais vraiment écouté U2 dans ma jeunesse, ça ne fait pas partie de mes influences mais quand tu côtoies U2 sur scène, tu ne peux pas passer à coté de l’énormité du « truc », ce soir là, j’ai pris… une claque sonore. The Edge a un son spécifique même avec juste trois amplis et une Delay à fond, on le reconnaît avec une note, il a influencé des tas de musiciens. Donc voilà, j’ai fait les cœurs sur … Walk On de U2.
 
T : Quel était l’ambiance et que ressent-on sur scène avec U2, Dave Stewart et Natalie Imbruglia juste après le 11 septembre ?
 
M : Comme tu peux le deviner, l’ambiance n’était pas super joyeuse, juste avant il y avait Bruce Springsteen qui enregistrait sa chanson, il était vraiment ému par ce qui venait d’arriver, il y avait donc beaucoup d’émotions sur le plateau. Mais moi en même temps, je ne me suis pas posé trop de questions… J’étais un nouvel artiste qu’on avait appelé ¼ d’heure avant, j’avais déjà travaillé avec Dave Stewart et Bono me connaissait un peu, on s’était rencontré au mariage, on avait déjà joué ensemble lors d’un petit bœuf. Mais là c’était plus U2 ou ce n’était plus U2 que j’avais rencontré sur la plage, c’était la grosse armada… U2… quoi… et moi j’étais juste là pour 2, 3 cœurs à la fin…
 
T : Alléluia …
 
M : Alléluia… oui. Le lendemain, je crois que je n’ai jamais reçu autant de coups de fil. A cette époque, j’étais sur Londres pour travailler avec Dave sans que mon entourage soit au courant. Donc, les gens m’appelaient pour vérifier si c’était bien moi qui avais chanté avec U2 à la TV. Un de mes proches a même filmé la TV pour avoir une trace de l’émission car il n’arrivait pas à mettre la main sur une cassette vidéo. Pour résumer, pour moi cela reste un... film. Ce n’était pas un tremplin style « Star Academy », cela reste tout simplement des musiciens qui jouent ensemble. Après j’ai revu U2 plusieurs fois, ils sont souvent sur Nice tout comme moi, une fois Bono, The Edge et Dave Stewart sont même venus me voir jouer dans un pub à Nice, je te raconte pas l’émeute, au bout de trois chansons ce fut ingérable dans le bar. En fait toute la salle se demandait qui nous étions pour que U2 s’intéresse à nous…Ce ne sont que des rencontres tu vois… (amusé) Ca a créé un espèce de mythe dans mon entourage… Lors de leur séjour à Nice pour le concert du Vertigo Tour, Bono a rencontré un de mes amis et lui a demandé de mes nouvelles… Une fois Bono m’a dit avec nostalgie que nous voir jouer dans des bars lui rappelait le début de U2 dans les pubs de Dublin. Ce groupe est très… « normal ». Ils restent tout simplement ces 4 gars de Dublin…qui font de la musique tout en se souciant de la planète. Une fois Bono m’a dit une phrase qui m’a marqué « N’aie pas peur de laisser des erreurs dans ton premier disque, peu importe le son que tu vas y mettre, c’est la chanson qui est importante…» Mais bon là on en parle car je sais que vous tenez un site sur U2, mais je ne me suis à aucun moment servi de tout cela …l’important c’est que je fasse ma musique.
 
T : De plus U2 n’a jamais fait partie de tes influences… Quels sont les artistes ou groupes qui ont bercé ton adolescence ?
M : Led Zeppelin que j’ai découvert à 11 ans, grosse baffe. C’est le seul groupe de rock qui m’a marqué, tout simplement car aujourd’hui que je les écoute encore. Sinon j’étais à fond dans le blues, le jazz, le rythme & blues… Ray Charles, Nina Simone. Mais Led Zep c’est ma référence, tout comme eux j’essaye de changer le plus souvent possible la version de mes chansons sur scène. Sinon il y a aussi Jimmy Hendrix...
 
T : Guitariste tout comme toi…
M : Oui mais j’ai commencé comme batteur, d’ailleurs j’ai enregistré moi même la batterie sur l’album « Medi & The Medicine Show ». J’ai arrêté de me consacrer uniquement à la batterie le jour où j’ai eu envie de composer des chansons et que j’ai rencontré mon pote Vasco qui est Londonien. Il m’a d’ailleurs emmené à Londres quand j’avais 15 ans et j’ai découvert la culture pop anglaise, ça m’a motivé à composer mes titres et je me suis dirigé vers de nouveaux instruments comme le piano, l’harmonica, la basse et la guitare. C’est seulement plus tard que je me suis concentré sur la guitare. Pour revenir à mes influences, je retiens surtout le blues, John Muddi Watters, les Stones, les Beatles lors de mon arrivée en Angleterre et Bob Dylan que j’ai vu enfin en concert cette année.
 
T : Tu as justement déclaré que malgré ta déception que c’était le come back de l’année
M : Effectivement oui. J’ai vu Bob Dylan enfin en concert, mais Dylan jouait du piano dans son coin sans parler au public pendant tout le concert. As-tu vu le film “ No Direction Home” de Martin Scorsese sur Bob Dylan ?
 
T : Non je ne l’ai pas vu.
M : Dans ce film tu vois à un moment, Bob Dylan arrête sa période acoustique, il prend une guitare électrique et se fait lyncher par le public. Le public se sentait trahi, vexé Bob Dylan ne s’en est peut être jamais remis, il a même arrêté la scène 10 ans à cause de cela, donc je ne lui en veux pas…
 
T : Comment s’est déroulée ta rencontre avec Dave Stewart ?
M : En fait, juste après la période où je jouais dans les bars à Nice, je me suis mis à jouer sur une plage privée à Juan Les Pins, un jour Dave Stewart me voit et me demande si je veux bien jouer pour son mariage. 5 jours après je jouais devant Mick Jaeger, Lou Reed, Oasis et U2, Dennis Hopper, … Je me suis obligé à ne pas boire d’alcool pour conserver un maximum de souvenirs de cette journée. Je me suis alors mis à jouer, et Dave Stewart n’arrêtait pas de venir me voir avec une célébrité à son bras. Plus tard dans la soirée je me suis retrouvé a faire un bœuf avec tout ce monde là !!! Ce soir là, Bono fit même une improvisation sur Jean Cocteau. Puis 4 jours plus tard, Dave revient me voir et me propose d’entrer en studio … Nous avons passé un an à construire une relation musical et amicale puis il me proposa me jugeant enfin près de réaliser mon disque. Dave Stewart est un touche à tout, ce gars est autant capable de débaucher un française sur une plage pour réaliser un disque que de faire faire un film avec un girls-band (Honest, avec les All Saints) qui va jouer a contre emploi.
 
T : Un site de fan francophone de U2 s’intéresse à toi, que ressens-tu?
M : C’est flatteur, c’est un vrai plaisir… Des que l’on s’intéresse à ma musique cela me fait super plaisir. Dans votre cas, c’est encore plus sympa vu que vous êtes un site sur un groupe particulier qui est U2
 
T : Que pense tu en toute objectivité du groupe que l’on représente ?
M : Même si U2 n’a pas bercé ma culture musicale, il serait con de passer à coté de cela. La première fois que j’ai entendu Vertigo, je me souviens j’étais à Londres avec Vasco, on s’est dit qu’après 25 ans de carrière… sortir un titre comme celui c’est génial… si on se savait pas qu’il s’agissait de U2, on pourrait croire au premier single d’un groupe à la mode. Avoir eu cette qualité d’adaptation, c’est phénoménal, le dernier album de U2 me plait beaucoup plus que les précédents.
 
T : Malheureusement, il n’est pas aussi rock que Vertigo
M : Oui c’est vrai, mais il y a un autre super bon morceau,… un peu blues… Ta… ta da ta da …ta da da da …
 
T : Love and peace or else
M : Exact… Depuis je les ai vus deux, trois fois en live… c’est un phénomène et ils sont restés ces quatre gars de Dublin
 
T : Faire la première partie de U2, ca te tenterait ?
M : Qui dirait Non !!! Surtout pas moi…
 
T : Tente ta chance en 2008… Il y aura peut être une tournée
M : Alors là il va falloir que je bosse beaucoup pour que mon groupe marche car il faut vraiment avoir un certain succès pour prétendre faire leur première partie. Quand tu vois que Arcade Fire, Franz Ferdinand, Keane font les premières parties… Ce serait un rêve.
 
T : Toi qui est actuellement la première partie de La Grande Sophie, que ressens-tu dans cet exercice sachant que les spectateurs ne sont pas forcement venus pour toi ?
M : Déjà moi j’adore cet exercice que je commence à bien connaître, je fais beaucoup de premières parties. C’est un peu le passage obligé au début. L’avantage est que je peux faire des plus grands concerts que lorsque je joue seul. Il y a également le challenge de faire découvrir ma musique aux gens. J’ai déjà fait la première partie également d’Aston Villa et d’Emilie Simon.
 
T : Quels artistes ou groupes contemporains te font vibrer ?
M : J’ai un gros coup de cœur pour « Arcade Fire » et pas seulement depuis que U2 monte sur scène avec « Wake Up » (rires) mais depuis bien longtemps. J’aimerais bien bouger également sur Montréal. Sinon j’écoute beaucoup « Maximo Park » et « Art Brut »
 
T : En qualité de jeune talent, penses-tu qu’internet est un bon moyen de se faire découvrir pour les artistes en devenir ? Quelle est ta position sur les téléchargements ?
M : Je suis à 100 % pour Internet et l’évolution des technologies et des moyens de communications, il faut savoir s’adapter. Personnellement, je n’ai jamais téléchargé « gratuitement » via le Peer to Peer. Je n’ai rien contre les gens qui le font mais j’aimerai bien qu’à l’heure actuelle les gens utilisent un peu plus les magasins on-line de type iTunes… C’est l’avenir de la musique. Je mets également moi même mon site à jour, tout comme mon espace « Myspace »
 
T : On te compare parfois à Jeff Buckley ou Lenny Kravitz qu’en penses-tu ?
M : Je suis assez flatté car même si je ne me compare pas à Jeff Buckley, je me retrouve en lui musicalement, nous avons les mêmes influences (Nina Simon, Ray Charles, Led Zep) ; Pour Lenny Kravitz, j’ai beaucoup apprécié le premier album mais après ce n’est plus ça. Mais sans paraître hautain, ce n’est pas le meilleur compliment qu’on puisse me faire.
 
T : Si tu avais des conseils à donner aux différents artistes et groupes régionaux qui côtoient notre site (nous faisons un concours annuel de reprises de U2 où se côtoient amateurs et semi professionnels), lesquels seraient-ils ?
M : Je pense que l’école des reprises est une superbe école. Dans les bars à mes débuts, j’en faisais beaucoup. Là je vais faire une reprise de « Rebel Rebel » pour une compilation de reprise de « David Bowie » moi je conseille à n’importe quel musicien d’écouter des disques et de jouer dessus tout comme j’ai fait avec Led Zeppelin. Mon conseil sinon est de ne jamais arrêter de travailler et ne pas mettre d’étiquettes dans la musique. C’est ce que je veux faire comprendre aux gens avec le Medicine Show (je compris plus tard pendant le concert quand Medi présenta le Medicine show : sa guitare, son harmonica en si et celui en la) qui est un collectif de musiciens et d’instruments, mon second album lui sonnera différemment. Il faut garder son esprit ouvert !!!
 
T : Ben … Merci beaucoup pour cette interview
M : Merci à toi