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30/10/2001

  • Edité par : Island Records

Histoire

    U2 a respecté ses délais habituels pour donner un successeur à "Pop", le délai habituel de 4 ans voire plus à été un peu raccourci, et à un moment où les groupes ne cessent de rallonger leurs délais de fabrication et de se poser trop d'inutiles questions de tendance, cela est plutôt rassurant pour le groupe de Bono. Il manifeste par-là que son énorme succès planétaire, n'a en rien entamé sa vitalité, son souci de créer. 

    Mais voilà qu'au lieu de poursuivre sur leur lancée, les 4 irlandais ont opéré un total renversement de tendance au niveau du signifié et des intentions. Un nouveau cycle semble s'être amorcé après les 2 des 80's (Boy/Oct/War, UF/JT/R&H) et celui des 90's (Achtung Baby/Zooropa/Pop). La pochette du prochain album représentant U2 dans le hall de l'Aéroport de Roissy, en partance pour une destination que eux seuls connaissent, en atteste. 

    Le groupe au lieu de proposer à nouveau un album de ferveur, d'engagement dans les grandes causes, un disque jouant sur les vastes perspectives, a préféré revenir à des émotions plus quotidiennes qui font aussi la vie des hommes, et à une musique plus intime. 
    D'où l'impression d'un disque plus simple, mais plus allègre aussi, car plus spontané. En fait, U2 n'a ici qu'un seul but : de nous régaler au coup par coup, chanson après chanson, sans ambition supérieure, ni discours ennuyeux. Bon nombre de fans et d'amateurs de musique rock auront plaisir à retrouver un groupe somme toute plus proche des émois essentiels du rock. 

    Cet album regroupant tout simplement 11 vrais trésors mélodiques n'est pas un album concept mais un ensemble éclectique ou tout, pourtant, tient étonnamment d'une seule pièce ! Cette grande diversité musicale fait sa force et sa solidité, "All that you can't leave behind" possède la particularité de regrouper 11 titres qui pourraient tous, à eux seuls créer l'ambiance de tout un album. 

    U2 a su ne pas recréer inutilement un Achtung Baby 2 ou un Joshua Tree 2, tout simplement grâce à son expérience, et de celle-ci découle logiquement cette diversité. La bande à Bono a suffisamment expérimenté dans le passé (Rock, Dance, électronique, Techno) pour combiner tous ces styles et aboutir au style U2. C'est le même groupe qui a composé "Sunday Bloody Sunday", "Lemon" ou encore "Mofo", tout cela est très vaste, mais l'esprit U2 est intact. 

    On retrouve aussi, notamment avec l'appui une nouvelle fois des producteurs Daniel Lanois et Brian Eno, ce choix qui se précise dans ce nouveau cycle dans la carrière du groupe : une épuration dans les arrangements. Production, à la fois classieuse et puissante, comme une éclaircie après les parasites sonores des 90's et ses tempêtes technos ou noisy. Au moment où tout autour de nous nous invite à se poser des questions, U2 a décidé de ne plus s'en poser. Ce flot de titres rafraîchissants et purement jouissifs est donc bien le projet le plus salvateur que pouvait proposer U2 à l'aube de ce nouveau millénaire. 

    "All that you can't leave behind", c'est aussi l'alternance des facettes du leader, partagé entre son charisme naturel perçu par certains comme une mégalomanie sans borne et la simplicité de l'homme qui vit la musique intimement. La sobriété de la pochette jure presque lorsqu'on analyse la multiplicité des inspirations et la richesse du travail contenues dans l'album. 

    Cela dans une grande diversité musicale, du Hit Rock "Beautiful Day" au presque gospel "Stuck in a moment" en passant par le funk dansant de "Elevation", le rock héroïque d'un "Walk on" ou le réellement explosif "New York" qui possède de quoi enflammer toutes les arènes de la planète. "New York" justement est ce réel OVNI de l'album, où la fusion parfaite en quelque sorte d'un "Exit" avec un "Do you feel loved" entre en collision avec le "Metal man Machine" de Lou Reed ! 
    Éclectisme encore avec "Wild Honey", ce titre aux relents folk country, ou comment les "Dalton Brothers" ressuscités, revisitent façon Beatles période 62 -64 le thème de la chanson pop guillerette idéale. 

    L'album est une succession de moments intenses avec des instants plus calmes voire récréatifs. 

    Ainsi la diversité exige encore qu'un "Peace On Earth" très réussi, envoûtant et planant à souhait (d'après Bono le titre "prétentieux" lui-même, implique que la chanson se devait d'être à la hauteur de ses ambitions) côtoie l'inclassable mais décontracté "In A Little While" ; que le titre le plus 'Airplane', "When I Look At The World" où U2 prend de l'altitude et nous inonde de l'ivresse des grandes cimes, précède la magie issue d'un "Grace" très inspiré, nous reposant doucement les pieds sur terre. 
    U2 d'ailleurs nous a toujours habitués à ces balades idéalement placées en fin d'album venant conclure un nouveau chapitre de leur discographie. "Grace" ne fait pas exception à la règle, mais objectivement y réussit moins bien que "Love is Blindness" sur Achtung Baby. 


    En conclusion, U2 a rempli doucement ses objectifs : préserver la fougue et la spontanéité de tout jeune groupe en soumettant cependant chacune de ses initiatives musicales au baromètre de l'expérience. Dompter l'énergie pure. 
    Certains évoquent des stéréotypes agaçants, la réédition de sch&e